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  • Dans la peau de l'étudiant

  • Comment espérer capter l’attention des étudiants sans se mettre à leur place ? Ne faut-il pas un minimum d’empathie pour envisager ce qui plaira ou non à son interlocuteur ?

    Tout comme un bon détective essaie de penser comme celui qu’il recherche — qu’aurait-il fait lui-même, où se serait-il caché en planque — un bon recruteur devrait se demander comment il se serait lui-même jugé en tant qu’étudiant. Car, c’est la base de la communication, il y a souvent une différence entre le message encodé par l’envoyeur et celui qu’aura décodé le receveur. C’est cette distorsion entre l’image projetée et l’image perçue qui occasionne des quiproquo qu’illustrent à merveille les délicieuses BD de rmsnews.

    La première chose à faire en tant que recruteur est, comme pour le flashback d’un film, de revenir en arrière. En repensant à sa jeunesse avec un sourire au coin des lèvres, on peut déjà mieux appréhender la manière dont l’étudiant nous aurait perçu. Mais est-ce suffisant ? Non. Tout comme le flashback d’un film vous ramène souvent dans une autre époque avec un filtre noir et blanc, résumer l’empathie à ce retour en arrière est insuffisant. Quand vous étiez étudiants, vous ne testiez pas les nouveaux filtres de Snapchat dès leur sortie, vous n’enfourchiez pas un vélo Deliveroo pour livrer des plats en dehors de vos heures de cours, et vous ne trouviez certainement pas l’amour en swipant à droite sur Tinder. En experts des étudiants, nous avons pu observer ce changement de paradigme, et nous vous livrons les principaux enseignements.


    ### Le maître mot : aspirationnel

    On le sait, les articles pleuvent pour nous dire que les salaires ne sont plus la seule motivation des candidats. Les générations Y et Z veulent travailler dans un environnement ou un secteur perçu comme pouvant les accomplir personnellement. On monte d’un cran dans la pyramide de Maslow.
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    Ce phénomène aboutit à un paradoxe : d’un côté on pointe du doigt la difficulté qu’ont les jeunes diplômés à réussir leur insertion professionnelle, de l’autre, ceux-ci sont de plus en plus sélectifs et veulent une entreprise qui leur ressemble. Cette ressemblance n’est pas forcément due à un secteur plus attrayant, c’est surtout une mentalité au travail. L’entreprise est-elle old school, très hiérarchique avec de longs processus décisionnels et des carrières à construire sur le long terme, ou est-elle agile, transparente, veillant au bonheur de ses employés et leur donnant la possibilité de donner leur input à tous les niveaux ? Possède-t-elle un Young Program, une Académie qui permettra au jeune diplômé de se former vite ? Est-elle réputée pour la solidité de ses métiers supports (marketing, finance, RH) ?
    Réussir à communiquer ces valeurs en faisant savoir à tout étudiant ce qu’il attend lorsqu’il pousse vos portes, voilà un des enjeux phares du campus management.


    ### Partiel la semaine prochaine… On a le temps !

    Les étudiants sont last minute. Ce n’est pas là dire que ce sont tous des cancres désorganisés, bien au contraire, mais le rythme de l’école ou de la fac a ses particularités. Les étudiants ont quitté la routine du lycée et de la prépa pour pouvoir développer de nombreuses activités périscolaires. Et il s’y passe souvent de très nombreux événements : vie associative, soirées, concerts, compétitions sportives, week-ends entre potes ou chez les parents… Dans ce contexte, on comprend aisément qu’un forum de recrutement en février pour une prise de poste en juillet apparaît comme prématuré.
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    Ça veut aussi dire que le temps passe plus vite. Les millenials ont la mémoire courte et sont vite lassés. C’est la génération de Vine (vidéos de 6 secondes maximum) et de Snapchat.
    Dans ce contexte, la communication avec un call-to-action doit intervenir au bon moment, être courte et pleine d'impact ainsi qu’éviter toute redondance. On doit cependant distinguer cette communication assortie d’un objectif, de la communication, toute aussi importante de la marque employeur et des valeurs dont nous parlions plus tôt et qui doivent être développées sur le long terme.


    ### Funky town ou La Défense ?
    Les étudiants oscillent souvent entre ces deux villes. A peine remis de la soirée déguisée de la veille, ils enfilent (pour ceux qui trouvent le courage de le faire) le tailleur ou le costume afin d’affronter la journée carrière sur le campus de l’école. Ce sont donc souvent des événements qui sont pensés en dehors de la vie étudiante et de ses codes. Car les outils à disposition des campus managers pour être présents sur ses campus cibles se limitent souvent à ceux que les relations entreprises de l’école veulent bien leur fournir : forums de recrutement, amphi de présentation, business case d’un cours, jury d’un concours ou d’un projet de fin d’études. Uniquement de l’image corporate, ce qui est bien mais qui limite une fois de plus la communication a un message unidirectionnel manquant d’âme. ![](/blog/content/images/2017/02/image1-6.JPG) Qui donc peut se mettre à la place de l’étudiant et parler avec ses propres codes ? Les faire se vêtir de sweats sympas, rappelant l’effet de groupe de leurs asso, en leur demandant la plus belle photo d’eux est une piste. Les autres sont celles qui vous seront données par une réflexion empathique.